Comment financer une start-up ?

Une start-up, c’est une entreprise à fort potentiel de croissance. L’innovation est au cœur de sa proposition de valeur et l’agilité, une de ses caractéristiques principales. Si les start-up n’ont pas un mode de financement similaire à celui d’une société classique, c’est en grande partie dû au financement de l’innovation. L’innovation est complexe, prend du temps, demande des fonds importants et comporte des risques. Voilà autant de raisons qui peuvent freiner l’accès au financement.

 

Mais l’innovation est créatrice de valeur. Elle peut complètement changer un marché, une industrie ou des habitudes de consommation. Le potentiel de retour sur investissement pour les financeurs de tels projets peut-être exponentiel. Aussi, l’État peut intervenir pour accélérer l’innovation – source de croissance et d’emploi – en déployant des aides, des dispositifs fiscaux et des organismes dédiés.


Dans cet article, nous vous présentons les différents modes de financement d’une start-up : le financement dilutif, le financement bancaire et les autres leviers à la disposition des startupers. Enfin, nous terminerons par un exemple de financement d’une jeune entreprise innovante, étape par étape.

Sommaire

1 - Quels sont les modes de financement d’une start-up ?

Comment finance une start-up ?

Il existe trois grandes familles de financement. Chacune ayant ses caractéristiques, ses avantages et ses inconvénients. Elles trouveront leur place tour à tour dans votre stratégie de financement.

1.1 - Le financement dilutif

Le financement dilutif impacte le pourcentage de détention du capital social, détenu par les fondateurs. Dans un premier temps, les associés créent la société et effectuent des apports au capital social : apports en numéraire (argent), apports en nature (immeubles, matériels, etc.) et/ou en industrie (savoir-faire). Par la suite, ils peuvent faire entrer des investisseurs au capital, pour apporter de nouveaux fonds et éventuellement bénéficier de leurs conseils : c’est ce qu’on appelle une levée de fonds. De manière classique, le mécanisme est le suivant :

  1. 1 – La société augmente son capital social en émettant de nouvelles actions.
  2. 2 – Les investisseurs acquièrent ces actions et les droits correspondant, en apportant de nouveaux fonds.
  3. 3 – Les fondateurs voient leur pourcentage de détention du capital social diminuer.
L'augmentation de capital

Les avantages :

  1. – Plus de capitaux
  2. – Le retour d’expérience des investisseurs
  3. – Pas de charges financières à payer
  4. – Le renforcement des fonds propres (argument pour emprunter par la suite)

 

Les inconvénients :

  1. – Une perte d’indépendance
  2. – Le retour sur investissement attendu des nouveaux actionnaires, qui peut déstabiliser les fondateurs et les équipes en place

1.2 - Le financement bancaire

Le financement bancaire consiste à faire appel aux banques ou aux établissements de crédit pour emprunter des fonds. Dans ce cas, vous devez réunir les conditions nécessaires pour rassurer ces établissements : business plan, capacité d’endettement, KPI financiers. Le prêt est remboursé selon un échéancier défini à l’avance et l’entreprise paye des intérêts (charges financières) au prêteur.

 

Les avantages :

  1. – Plus de capitaux
  2. – Bénéficier d’un effet de levier
  3. – Déduire les charges financières
  4. – Pas de dilution du capital social
  5. – L’accompagnement d’un partenaire financier

 

Les inconvénients :

  1. – Les échéances de remboursement qui impactent la trésorerie
  2. – Les coûts liés à l’emprunt : intérêts, assurances, frais de dossiers, etc.
  3. – La dépendance vis-à-vis des banques

1.3 - Les financements complémentaires

Outre la levée de fonds et le financement bancaire, vous avez la possibilité de bénéficier d’autres leviers financiers comme les financements publics, le crowdfunding, ou l’apport en compte courant d’associé.

 

Au niveau des financements publics, la BPI (Banque Publique d’Investissement) propose des aides et des prêts pour financer les différentes étapes de votre projet d’entreprise innovante : les garanties et prêts innovation, les bourses French Tech, etc. Aussi, des crédits d’impôt comme le CII et le CIR servent aux startup et PME innovantes à financer leurs dépenses de Recherche et Développement.

 

Le crowdfunding (financement participatif) est un mode de financement qui s’est développé avec Internet. À mi-chemin entre le marketing, la communication et la finance, il est utile pour lever des fonds mais aussi – et surtout – créer de l’engagement autour de son projet. Aussi, une start-up qui réalise une campagne de crowdfunding ajoutera un argument supplémentaire, pour convaincre de nouveaux investisseurs de participer à l’aventure.


Enfin, l’apport en compte courant d’associé est une solution permettant de compléter les apports au capital social de la start-up. Dans ce cas, les associés prêtent de l’argent à la société, sans impacter le capital. Ils peuvent percevoir des intérêts et retirer les sommes prêtées, plus simplement qu’avec un apport en numéraire. C’est une solution envisageable, notamment lorsqu’un associé dispose de plus de liquidité que les autres : il peut compléter son apport, sans diluer le pourcentage de détention des autres associés.

💡 Avis d’expert : La complémentarité est la clé !

 

Maintenant que vous disposez d’une vue d’ensemble des différents modes de financement à votre disposition, il est important de comprendre une chose : la finance est une boîte à outils.

 

Ces outils sont utiles dans des situations précises et sont également complémentaires : il est possible de créer des synergies entre plusieurs modes de financement.

 

Par exemple, une campagne de crowdfunding peut compléter les apports des associés lors de la création et augmenter la capacité d’endettement de l’entreprise. Ensuite, une banque peut financer un emprunt, en respectant certains ratios d’endettement. L’emprunt permet de lancer l’activité et de générer de la trésorerie, elle-même réinvestie dans le développement de l’entreprise. Il est alors plus simple d’effectuer une levée de fonds auprès de business angels, afin d’accélérer la croissance.

2 - Financer une startup : exemple

Exemple de stratégie de financement pour stratup

Prenons un exemple afin d’illustrer le financement d’une start-up, tout au long de son développement.

2.1 - Étape #1 : Constituer des fonds propres

Charlie et Warren décident de s’associer pour créer une start-up dans le domaine du transport. Pour constituer la société C&W, ils apportent 20 000€ chacun. Une partie de ces apports provient de fonds avancés par leurs proches (la “love money”).

 

Afin de renforcer leurs fonds propres, les deux nouveaux associés participent à des concours et obtiennent une bourse pour l’innovation auprès de leur région. Ensuite, ils obtiennent chacun un prêt d’honneur de 10 000€ auprès du Réseau Entreprendre.

 

Lors de la création de leur société, le capital est de 100 000€, et chacun détient 50% des parts sociales.

 

Capital social : 

  1. – 40 000€ d’apports initiaux (love money et épargne des associés)
  2. – 40 000€ d’apports grâce aux gains des concours et à l’obtention d’une bourse
  3. – 20 000€ d’apports suite aux prêts d’honneur

2.2 - Étape #2 : Renforcer les finances avec un emprunt

Charlie et Warren ont besoin de fonds supplémentaires pour financer la phase de recherche et développement. Ils effectuent un business plan, et présentent leur projet à plusieurs établissements financiers. Grâce à leur dossier prometteur, et à une garantie pour projet innovant recueillie auprès des financements publics, ils obtiennent un prêt de 50 000€.

2.3 - Étape #3 : Lever des fonds pour accélérer

Grâce au crédit d’impôt innovation et à une subvention, les associés consolident leurs ressources financières. Ils décident de faire une première levée de fonds en pré-seed, afin d’amorcer leur projet. Un fonds d’investissement et plusieurs business angels entrent au capital, contre 30% des droits de vote. Le prototype, les tests et l’offre commerciale de leur premier produit peuvent être financés.

2.4 - Étape #4 : La gestion courante des finances

Maintenant que leur produit est commercialisé, les deux associés doivent gérer les finances courantes de leur startup. Le besoin en fonds de roulement nécessaire pour avancer les dépenses de production est financé en partie par la trésorerie d’exploitation (autofinancement) et complété par de l’affacturage. Malgré des marges confortables, ils doivent s’assurer que leurs flux de trésorerie prévisionnels restent positifs. Car grâce à ce suivi rigoureux, ils présenteront de sérieux atouts pour convaincre de nouveaux investisseurs (banques et actionnaires), de les accompagner dans leur développement à l’international.

 

Cet exemple en 4 étapes nous montre la diversité des outils à disposition des dirigeants de start-up, pour soutenir la croissance de leurs entreprises. Afin d’avancer sûrement vers l’atteinte de vos objectifs ambitieux, nous vous encourageons à travailler sur la stratégie de financement de votre startup.

 

Aussi, nos experts restent à votre écoute pour vous aider à construire une stratégie financière adaptée à votre projet. Pour cela, rendez-vous sur notre page contact.